Daho, une vie en chansons
« Il n’est pas de hasard. Il est des rencontres. Et des rencontres qui marquent une vie. Celle avec Étienne Daho est de celles-ci.
Mais je devrais dire « avec la musique d’Étienne Daho » car c’est bien d’elle qu’il s’agit. L’artiste, je l’ai découvert dans un second temps.
C’était l’été 1984, j’avais 12 ans. Glissée dans l’autoradio du combi Volkswagen familial, une cassette passait « Week-end à Rome ». La chanson faisait partie d’une compilation « Années 80 ». Bizarrement, j’ai oublié tous les autres titres. J’aimais l’insouciance qui se dégageait du morceau, la voix adolescente du chanteur. Les tubes suivants m’ont beaucoup plu aussi. Et puis est arrivé « Bleu comme toi ». Tout à coup, celui que je prenais pour un chanteur à la mode avait changé de statut et de stature : il était désormais, à mes yeux, ou plutôt à mes oreilles, un artiste avec un univers et des choses à dire. Un immense artiste, mais un artiste modeste : son prénom et son nom, dès qu’il le peut, il les occulte, remplacés par ses initiales, ED. ED, un nom de code, une clé seulement réservée aux initiés. Comme un night à l’admission privée. »
Ce sont les premiers mots de l’avant-propos de mon troisième ouvrage consacré à celui que la presse a sacré « Roi de la pop ». Il n’était absolument pas prévu que je l’écrive, j’avais fait le tour de la question avec les deux premiers qui étaient centrés sur les multiples références à l’art (cinéma, littérature, arts plastiques…) dans ses textes, dans ses clips ou sur ses pochettes de disque. Et puis, les éditions Hugo Publishing m’ont contacté pour me proposer d’écrire cet ouvrage, et surtout ils m’ont convaincu de le faire. Si j’ai accepté, c’est parce que l’œuvre d’Étienne allait être abordée sous un nouvel angle.